AMDEC sur modules électroniques - expertise

mercredi 3 mars

"Le métier de constructeur d’automobile a considérablement évolué en peu de temps pour s’orienter plus vers un métier d’intégrateur. Beaucoup de constructeurs connaissent ou ont connus des problèmes d’intégration (notamment sur les systèmes électroniques), à moindre échelles certes."

Je réagis à ce message en tant que conseil en organisation (Productivix sarl), ingénieur en électronique / informatique et expert judiciaire.

Je suis confronté à des situations d’expertise entre constructeurs (vous comprendrez ma discrétion sur les noms) et fournisseurs dans lesquelles je rencontre : - pas d’analyse AMDEC d’intégration du produit (électronique majoritairement), - peu, voire pas d’ingénieur en électronique + firmware (logiciel embarqué), - pas de double source : il est bien connu qu’en cas de problème d’approvisionnement, on doit prévoir une double source d’achats compatible. Sinon on continue à livrer le client final si ce n’est pas dangereux car pas d’autres solutions. - faible niveau d’analyse des défauts à tous niveaux : constructeurs, fournisseurs de rang 1 et 2, - faible niveau de tests aux extrêmes d’utilisation : on ne fait même pas le "test du singe" !

Résultat, le client peut bloquer (sans danger) son véhicule sur la chaussée à cause d’un bug (car c’est le qualificatif donné) qui entre dans la catégorie du vice caché au sens 1641 du code Civil. Sachez au passage consommateurs que la date de garantie n’a pas de limitation sur ce genre de vice.

Le constat d’un système de frein de parking électronique se mettant en défaut sur la glace (se déloque seul sur une secousse en pente et la voiture part ...) 3 ans après la sortie de chaine du véhicule met froid dans le dos. Le firmware était buggé sur une série et aucune campagne de rappel n’a été réalisée depuis.

Les quantités de pièces à reprendre au bout de quelques années et les montants réclamés sont inimaginables, et quand ce n’est pas un rappel généralisé comme ceux dont on entend parler en public.

Je suis persuadé que retarder le lancement des fonctions électroniques (ou planifier différemment ces phases) afin de tester très complètement les fonctions et comportements aux extrêmes (situations non prévues) avec la méthode AMDEC bien poussée, mettre en place une double source (couteuse à priori certes) pour les fonctions électroniques aurait un effet sur les marges court terme certes négatif, mais au combien positif à long terme sur la fiabilité et la reconnaissance des utilisateurs.